vendredi 29 juillet 2011

L'album

Elle en avait rêvé, elle avait même préparé un album recensant les tissus, les modèles de robes et de costumes, la décoration, les compositions florales, la musique, le menu, les invités, le thème, le nom des tables, la forme des dragées… Elle avait vraiment tout imaginé, pensé et espéré : un homme grand, fort, beau et financièrement aisé. Un mariage parfait animé par sa famille et ses amis poches. Elle en avait rêvé et s’en était fait un but à atteindre coûte que coûte.

Elle se retrouvait en ce 10 juin 2000 dans le salon d’attente de l’hôtel de ville. Dans quelques minutes elle allait épouser Lucas, la copie conforme de ses attentes : grand, fort, beau et financièrement aisé. Ils s’étaient rencontrés comme prévu au cours d’un cocktail professionnel. Elle avait tout de suite porté son choix sur lui et n’avait eu aucune difficulté à le séduire et à l’amener à faire sa demande. Naomi avait souri ; elle n’était pas étonnée ; elle s’y attendait et l’avait prévu. Le meilleur ami de Lucas avait été tout aussi facile à manipuler : de suggestions en demandes, il avait exactement comment Naomi voulait que la demande se fasse : un dîner en tête à tête à la maison, un genou posé à terre, un solitaire serti d’un diamant clair. Lucas avait suivi les consignes.

Les familles s’étaient ensuite rencontrées et l’organisation du mariage avait débuté : faste et luxe. Les parents du marié prenaient absolument tout en charge : du dîner de fiançailles à l’Ivoire Golf Club au déjeuner dominical sur l’île Boulay. Naomi réalisait son rêve. Tout se passait comme prévu. Elle avait commandé sa robe chez un grand couturier parisien et avait passé quelques jours dans la plus belle ville du monde avec des copines restées vivre en France. Les ‘célibataires’ se retrouvaient toutes ensemble comme au bon vieux temps. Abandonnant maris et enfants le temps d’un week-end prolongé à Ibiza. Comme au bon vieux temps.

Lucas resté à Abidjan en profita pour organiser son enterrement de vie de garçon. Ses amis avaient été surpris par ce mariage rapide. Lucas le jeune tombeur, se mariant avant sa 30ème année ; la nouvelle avait intrigué le cercle masculin. Mais quoi donc lui était tombé sur la tête ?  Lucas souriait et repensait à la rencontre de sa vie. Un 6 janvier 2000, cocktail ennuyeux mais libérateur après le stress du coup d’état le mois qui avait précédé. Lucas avait failli perdre la vie en ce 24 décembre 1999. La maison de ses parents, dignitaires de l’ancien régime avait essuyé des tirs puis avait été encerclée par des hommes en tenues militaires. Ils avaient exécuté les militaires assurant la sécurité de la résidence puis avaient menacé d’en faire de même pour les civils masculins. Lucas ne voulait pas transiger et les avaient défiés d’exécuter leurs menaces ; mettant sa tempe sur l’arme du chef des hommes. Son père avait accouru et avait négocié leurs vies contres un sac de bijoux de valeur et des liasses de billets. Lucas avait compris ce jour que rien ne le retenait à cette terre et il devait changer cela. Une femme, des enfants, des attaches solides qui l’empêcheraient de mettre à nouveau sa tempe à la merci d’une arme assassine. Il fallait qu’il se marie !

Naomi avait tout de suite attiré son attention. Elle s’était dirigée vers lui et avait pris les choses en main. Il s’était laissé embarquer et en était heureux. Lucas souriait. Il était heureux. Ses copains s’empressèrent de le sortir de ses rêveries. Direction, la zone 4 et ses nombreux bars. De tournée en tournée, de boîtes de nuit en bars à striptease, il s’était retrouvé le lendemain matin dans une chambre d’hôtel entouré de deux jeunes demoiselles. Lucas était parti en voleur. Il ne se souvenait de rien et ne voulait se souvenir de rien. Naomi ne devait jamais savoir.

Quelques heures plus tôt et quelques 7 000 kms plus loin, Naomi et ses amies, après une journée de soins en institut de beauté décidèrent d’aller dîner en ville. Conversations de femmes, discussion sur le déroulement du mariage, un bon repas, quelques cocktails et verres de blanc. Elles décidèrent ensuite de terminer la fête en night-club. Naomi passait sa dernière soirée de célibataire avec elles, et elles devaient célébrer cet évènement : champagne s’il vous plaît ! Un serveur fut appelé. Naomi fut séduite. Après quelques coupes, elle ne pouvait s’empêcher de penser à s’accorder une dernière liberté avant le mariage. Elle avait prévu cette union jusque dans les moindres détails. Mais, elle n’avait jamais dessiné l’irrésistible serveur. « On ne vit qu’une fois ! » lança-t-elle en faisant promettre à ses copines de toujours que le secret ne sortirait jamais du groupe. Bouche cousue. Le lendemain, pendant que la folle bande se préparait à retourner sur Paris, Lucas reçut un coup de fil anonyme lui relatant l’écart de conduite de sa femme. Il n’y croyait pas et refusa d’en parler avec Naomi.

Elle était de retour à Abidjan avec sa belle robe et son beau sourire. Les préparatifs avaient bien avancé. Elle ne pensait plus au serveur et ne s’imaginait pas un  instant que son fiancé pouvait être au courant. C’était un secret et elle ne le lui dirait jamais. La veille du mariage elle avait reçu un coup de fil à son tour : « Samedi dernier, Lucas était au Butter avec 2 femmes qu’il embrassait et touchait en public ». Son sang ne fit qu’un tour ! Elle se rua dans le salon et questionna violemment Lucas. En guise de réponse, il lui sortit son incartade ibizienne. Naomi était livide ; Lucas atterré. « Mon chéri, mieux vaut repousser le mariage, nous ne sommes pas prêts ! ».

Lucas refusa net. Il voulait ce mariage. Il voulait cet enfant et cette famille qui le retiendraient à la vie. De toute façon tout était déjà payé et prêt. Comment allaient-ils expliquer cela aux parents ?  Naomi voulait elle voir son honneur bafoué ? Souhaitait-elle que son mari passe pour un cocu ? Etaler leur vie privée ? Il en était hors de question !

C’est ainsi que Naomi se retrouvait en ce samedi 9 juin 2000 à l’hôtel de ville pour un mariage qu’elle avait pensé et prévu dans les moindres détails. Le mariage était planifiable, les aléas autour non. Elle aurait dû être la femme la plus heureuse du monde mais elle ne l’était pas. Toutes ces turpitudes, ces actes non expliqués, ces envies non réfrénées ne se trouvaient pas dans l’album-mariage. Passé le mari beau et riche, les préparatifs excitants, le mariage luxueux et la jalousie créée chez les copines, elle se demandait pour la première fois si elle serait heureuse avec Lucas. Qui était-il ? Etait-ce bien raisonnable de se marier seulement 6 mois après une rencontre ? Naomi était perdue. Sa planification avait échoué. Que devait-elle faire ? Elle s’en voulait de ne pas avoir réfléchi à son bonheur et de l’avoir occulté de ses plans. Pouvait-elle aujourd’hui raisonnablement se marier ? Ni Lucas ni elle-même ne pouvait raisonnablement dire si dans un mois ou dans deux ans tout ceci ne se reproduirait pas : un verre de trop, une erreur, une aventure…

« Voulez-vous prendre M. DJEDJE Lucas ici présent comme époux ? – OUIIIIIIIIIII !! ». La salle était en ébullition. La fête fut extrêmement belle comme cela était prévu.

Naomi s’accommodait tant bien que mal de sa nouvelle vie d’épouse et de mère de famille. Après l’objectif mariage, elle n’avait plus rien en vue. Toute sa vie, pendant son enfance puis son adolescence, elle ne voyait qu’une seule chose au bout de la route : le mariage ! Ce Saint Graal obtenu, Naomi se sentait bien vide et fort triste. Comment allait-elle pouvoir meubler ses journées ? Elle avait démissionné de son emploi de créatrice de bijoux après le mariage et disposait de son temps à sa guise. Après deux tentatives de commerce qui périclitèrent, elle décida d’être femme au foyer et de concevoir un enfant. Enfin elle allait exaucer l’un des vœux les plus chers de son époux. Ce même jour, soit environ 10 mois après le mariage, elle reçut la visite d’une jeune femme. Elle tenait dans ses bras un adorable nouveau-né : le fils de Lucas. Ceci ne figurait dans aucune page de l’album.

mercredi 27 juillet 2011

Famine En Afrique

FAMINE DANS LA CORNE DE L’AFRIQUE, MAIS OU SONT LES AFRICAINS ?
Par Adama WADE, pour LES AFRIQUES du 22 juillet 2011

La famine qui frappe actuellement la corne de l’Afrique menace 14 millions de personnes en Ethiopie, en Somalie, à Djibouti et en Ouganda. Des milliers de déplacés à la merci des hyènes et des bandes armées tentent tous les jours de gagner le camp kenyan de Baidoa, lequel avec 350 000 personnes, est le plus grand au monde.

De nombreux pays (France, Grande-Bretagne, Allemagne) ainsi que des organismes internationaux (FAO, HCR, Unicef), des ONG (Action contre la faim, Oxfam) se sont mobilisés. Il est cependant un fait lourd de sens : les pays africains ne sont pas présents et n’ont pas fait de bruit comme lors du tremblement de terre à Haïti. Ni officiellement par la voix d’un de ses nombreux présidents chantres de la solidarité et du panafricanisme, ni par une société civile, féconde quand il s’agit de dénoncer l’impérialisme et le néocolonialisme. 

Les postures dithyrambiques affichées lors du dernier sommet de l’UA contre l’ingérence des occidentaux ont disparu de la scène. L’Union africaine et son conseil de paix et de sécurité sont restés sourds à l’appel d’une aide d’urgence de 22 millions d’euros (seulement) nécessaire pour sauver 500 000 bébés.  Comment s’explique cette  absence africaine de la corne de l’Afrique ? Est-ce parce que nos pays sont trop pauvres pour aider ? Parce qu’ils  ont d’autres chats à fouetter à l’intérieur de leurs propres territoires? A moins que cela ne soit la survivance d’une mentalité d’assisté qui veut que nos élections, nos crises alimentaires, nos procès (cas Habré), nos parlements, nos sénats, nos processus de réconciliation, nos sommets de l’Union africaine, nos opposants en exil, soient financés par l’aide et la coopération internationale. 
En définitive, aux autres de financer nos retrouvailles, mais qu’ils ne se mêlent surtout pas de nos débats souverains.

Cette conception minimaliste de la souveraineté dilue la notion de responsabilité de nos dirigeants et de nos Etats qui n’ont rien pu faire pour venir à bout des guerres intestines qui ravagent cette partie du monde.

Depuis 1991, la Somalie s’est fragmentée entre plusieurs seigneurs de guerre et des bandits de grands chemins qui, sous le voile d’un islamisme douteux, s’enrichissent sur le dos d’une population devenue butin de guerre. Pourtant, les Shebabs, qui viennent de revenir de leur décision vieille de deux ans d’interdire la présence des organisations humanitaires, ne sont pas aussi lourdement armés qu’un Kadhafi. Pourquoi l’Union africaine et, au-delà, l’Onu,  tolèrent ces groupuscules qui menacent la paix et l’économie mondiale ?

En attendant une véritable mobilisation africaine, cette famine fait le bonheur des spéculateurs puisque,  selon l’Onu, le prix du sorgho était en hausse de 240% dans le sud-ouest de la Somalie alors que le cours du maïs jaune a augmenté de 117% dans le nord-est de l’Ethiopie.


Merci à M. Wade pour cet article. Simplement écrit et simplement vrai ! Pour ceux qui souhaitent aider mais ne savent pas comment procéder :
www.actioncontrelafaim.org
www.20minutes.fr/article/761322/somalie-comment-quoi-donner

God bless AFRICA !

mardi 26 juillet 2011

Envie de roots

J’y pensais depuis quelques semaines. J’avais déjà repéré quelques éléments. J’en ai même rêvé une nuit… Puis, j’en ai parlé à ma conseillère de toujours, celle des décisions sérieuses et déterminantes. Maman m’avait emmenée un matin chez un monsieur d’une cinquantaine d’années, au visage accueillant, au sourire Colgate et à la bonne humeur communicative… Nous avions ainsi passé quelques heures à deviser, à papoter, à dessiner et à rêver. J’en étais ressortie toute chose, impatiente de revenir la semaine d’après. Tic-Tac Tic-Tac, le temps peut être bien long lorsque l’on attend avec impatience sa dose de bonheur… Finalement, je l’obtins. Simple, bon, là ou je l'attendais. J’étais anormalement satisfaite. Moi qui ronchonnais pour tout et rien, qui trouvais absolument toujours quelque chose à redire, j’étais rentrée, j’avais regardé, touché et testé et j’en étais ressortie ; un léger sourire aux lèvres. Quelle surprise je leur ferai ce lundi matin !
Un dimanche qui passe trop lentement, une nuit d’insomnie, j’étais tellement excitée par ce lundi que je n’en avais pas fermé l’œil de la nuit ! Pensée, pensée, mais qu'allaient ils tous penser ?
Lundi matin : 06h00. Levée aux aurores, bien douchée, dents lavées, coiffée et maquillée. Direction voiture et boulot, le sourire jusqu’aux oreilles. Arrivée, pas grand monde mais déjà je sens les regards, l’étonnement, l’admiration… Mais que tu es jolie ce matin ! Oh mais ça te change vraiment, c’est trop chic ! et ainsi de suite, belotte et rebelotte d'agréables phrases lancées entre deux portes  jusqu’à ce que le Big Boss arrive : "C’est quoi la prochaine étape ? L’afro ou le Kodjo ?"

Ebony inside : ‘Moi et mon tailleur WAX, ON t’emmerde !’
Superbe lundi de juillet. Une excellente journée, un beau soleil, un Wax sur mon petit corps, des compliments qui fusent… What else ?
Portons le pagne de chez nous !!!!!

Nigerian Working Girl by VLISCO

Inna Moja (Robé designée par sa soeur)

Accessoire Incontournable !

Suno Dress. Rien que 500 USD ;o))
Par la londonienne so pop SUNO....
Bracelets  par ITUEN BASI




Pour ceux et celles que le Wax intéressent ou passionnent, je recommanderais :
www.vlisco.com
www.nothingbutthewax.blogspot.com
www.ituenbasi.co.uk
www.sunony.com

Des grosses bises !

lundi 25 juillet 2011

Nominations...

Il y a quelques jours, grande discussion avec un de mes collègues fraîchement débarqué de sa Bretagne natale pour venir gérer des « équipes multiculturelles » (comprendre des noirs) et relever les défis de la reconstruction de la Côte d’Ivoire. Jusque-là tout va presque bien. Nous discutons des affres de la crise, des plaisirs abidjanais, des embouteillages, de la pluie, du nombre ahurissant des voitures de luxe en ville, des prix relativement salés de l’Hippopotamus nouvellement ouvert au Plateau.

Petits échanges sympathiques jusqu’à ce que la partie qui ne me plaît pas la plus ne pointe du nez. Politiqui... Pas que je ne sois pas friande de politique, bien au contraire mais il est des lieux et des gens où et avec lesquels il vaut mieux sourire et garder son opinion pour soi. Ou comme dirait l’autre : « on ne parle pas de tout avec n’importe qui au risque de finir avec rien comme tout le monde ! ».

M. Durand (nom évidemment modifié) dans toute sa candeur et son innocence de ‘pauvre blanc naïf’ me pose un problème qui apparemment le taraude depuis quelques jours :
- Mais Ebony, je voulais vous demander ce que vous pensez des dernières nominations ?
- Oh mais vous savez, je ne suis pas du tout, tout ça. J’ai déjà assez de boulot comme ça. Rires. Pourquoi que s’est-il passé ?
- Bien. En fait je suis un peu surpris. Je sais que la Côte d’Ivoire c’est l’Afrique et il y a des penchants tribaux mais je pensais qu’avec un homme comme M. Ouattara qui a l’expérience de l’Occident, les choses seraient différentes…
- Ca fait plusieurs fois que je vois des Ouattara nommés à différents postes. Je ne sais pas si c’est la même famille que votre président mais quand même c’est assez dérangeant…
- … Vraiment je sais pas du tout… De toute façon nous n’avons pas d’impact sur ce genre de décisions donc….
Certes, mais il faut dénoncer, c’est comme ça que se construit une démocratie…
- [Dans mon cœur : Ahooooooooooooooooo…………..]
Tout ce que je peux dire c’est que c’est tant mieux pour eux [ndlr : les nouvellement nominés]. L’essentiel pour moi c’est qu’il fasse du bon boulot. C’est tout ce que le peuple demande hein… [Oscar de la Gueule de Bois pour Ebo à Je prends bien même. Qui est fou ??? Les pièges de ce genre, je ne suis même pas prête à tomber dedans !]
… [Le blanc est dégba]

En jeune affairée que je ne suis pas, quelques heures plus tard, je suis allée à la pêche aux renseignements sur ces nouvelles nominations. Ci-après un petit récap de ce que j’ai pu trouver :
Simon OUATTARA nommé Directeur Général Afrique de MICROSOFT
Ibrahim OUATTARA (frère du président) nommé Directeur Financier de la PRESIDENCE DE RCI
- Samuel OUATTARA nommé AMBASSADEUR de RCI au MALI (avec résidence à Bamako)
- Daniel K. OUATTARA, coordonnateur du Programme National de Réinsertion et de Réhabilitation Communautaire (PNRRC)
Le colonel Karim OUATTARA remplace le général Détho Létho Firmin à la tête des forces terrestres de RCI
Abou-Bakar OUATTARA, nouveau Président du Rotary Abidjan Atlantis euuuhhhhh ;o)  (bref, je rigole et j’me comprends très bien !).

Mon but n’est pas de créer une polémique stérile. Je ne fais que partager un échange suivi d’une réflexion personnelle qui m’a amenée à me poser un certain nombre de questions : le changement si bruyamment annoncé arrivera-t-il un jour ? Est-ce que c’est parce que ceux d’avant l’ont fait, que ceux de maintenant ont le ‘droit’ de le faire également ? A quel moment, on pourra repartir de zéro sans reprocher aux uns ou aux autres l’absurdité dans laquelle nous vivons et nous complaisons ?
Questions existentielles…

Dans la nouvelle Côte d’Ivoire et dans ma nouvelle Babi FRCIenne, ma devise est plus que jamais : YEUX VOIENT, BOUCHE PARLE PAS ! (autant que faire se peut !)

Enjoy your week ! ;o)

mercredi 29 juin 2011

Entretien d'embauche. Next !

Mon nouveau poste me donne quelques avantages, notamment celui d’avoir ma propre assistante et surtout de la choisir moi-même. Après avoir été à la pêche aux Cv à la DRH, je prends un café et découvre avec délectation les talents de ma future recrue.

Avant de regarder la formation et l’expérience, j’exclus les CV comprenant plus de3 fautes. Elle sera amenée à rédiger mes courriers officiels et il hors de question que mon honneur orthographique et professionnel soit bafoué. Next !

Ensuite, sélection des CV en fonction des photos : les photos où on tire la tronche, celles qui donnent le sentiment d’avoir été prises au Life Star ou au Mix, celles où il y a deux personnes dessus (oui oui, vous avez bien lu !) etc. Next !

Une fois ces 2 tris sélectifs terminés, je rentre dans le détail des parcours et retient 5 personnes qui sont convoquées dans mes appartements professionnels le lendemain : 2jeunes filles, 1 dame et 1 quarantenaire.

Mes entretiens avec les 2 jeunes filles ont été des exemples parfaits de ce qu’il ne faut jamais faire en entretien (à moins de travailler dans l’industrie de la mode, du cinéma, de l’art… et encore). Déjà quand tu regardes la tenue tu te demandes si c’est pour le casting organisé à l’étage au-dessus ou si elle est venue se trouver un mec. Ensuite le fake : j’ai horreur du fake (bon à part les mèches dans les cheveux et encore, faut que ce soit vraiment discret). Coupe bleue, noire et rose à la Rihanna, faux cils (tellement longs et touffus qu’ils ressemblent à des cheveux ; franchement les filles pitié…), faux ongles, bijoux en pacotille (les boucles, les bracelets et le collier jaunes et verts en plastique, ça le fait pas du tout dans un milieu aussi conventionnel). Et le fake du fake : le faux Chanel. Je peux comprendre que ce ne soit pas à la portée de toutes les bourses mais lorsque l’on ne peut pas, on ne peut pas ! Je rêve d’une Lamborghini mais ça reste un rêve.  Je ne vais pas aller m’acheter une imitation de Lamb. Where is the dream ???

Enfin bon, pour sortir de ce volet superficiel et basé sur les apparences, passons au plus important à savoir nos échanges sur le poste à pourvoir :
Présentez-vous en quelques lignes
…. Euh… Je suis Mlle xxxxxxx
Mais encore ? Parlez-moi de votre parcours….
- Professionnel ?
- Oui ce serait déjà bien pour commencer l’entretien.
Ok. [Présentation de la demoiselle]
Très bien merci. Pourquoi souhaitez-vous rejoindre notre groupe ?
Bon, ça fait longtemps que je cherche du travail donc…
Mais vous vous êtes renseignée sur ce que nous faisons ? Sur le poste ?
Bon je connais la société…. [Explications +/- acceptables] mais le poste là, je me rappelle pas hein…
Ah donc comme ça vous arrivez en entretien sans savoir pourquoi vous êtes là ?
Bon on m’a appelé donc comme je cherche je suis venue voir.
- Ok il s’agit d’une offre d’emploi en tant qu’assistante de …
- Ok
Ça vous intéresse ?
Bon ça dépend
De quoi ?
- ...
-  Dites-moi clairement si vous êtes intéressée pour que nous puissions avancer.
-  Ok, ça peut m’intéresser.
-  Bon je vais vous poser quelques questions techniques correspondant à la fiche de poste…
-  Ok
-  Donnez-moi le raccourci pour un Copier/Coller dans Word
-  Le quoi ?.... Hum ça me dit rien.
-  Quelle fonctionnalité dans Outlook permet d’avoir les coordonnées d’un expéditeur de mail ?
-  Outlook là on n’a pas utilisé ça.
-  [A partir de là je me suis mise en mode ‘avion’]

L’entretien avec la 2ème jeune fille fut du même acabit. Next ! Next !

La dame qui arrivait en 3ème position dans les entretiens présentait déjà mieux : plus mure, plus professionnelle, et de surcroît habillée avec un excellent goût. Sobre et chic !  Au cours de la discussion, je me rendis compte qu’elle n’avait jamais utilisé Internet, et elle semblait agacée de devoir être l’assistante d’une petite gamine. Chose qui acheva de me dissuader de l’embaucher : elle ne connaissait ni le secteur ni ses pratiques. Elle disait vouloir apprendre sur le tas mais à partir d’un certain âge c’est beaucoup plus compliqué. Mais j’ai surtout besoin de quelqu’un qui soit rapidement opérationnel. Next !

Enfin mon dernier candidat, un homme d’environ 40 ans refusa net de continuer l’entretien : il ne voulait pas d’un poste d’assistant que ce soit  pour un Directeur Général, Un Directeur Financier ou un Directeur Technique. En relisant son CV, je me suis effectivement rendue compte qu’il était surqualifié pour le poste.

Ebony toi-même next !

lundi 27 juin 2011

Repassera Ou Pas ?

Il est des endroits sur cette planète où certaines choses continuent de fonctionner ‘normalement’ (enfin bon, je vous le concède, normalement c’est relatif mais bon, ça vaut ce que ça vaut…). Bref, le 22 juin 2011 on apprend qu’il y a eu une fuite de l’épreuve de mathématiques du baccalauréat S (scientifique) français. L’épreuve prise en photo par un anonyme aurait été relayée par MMS entre les candidats avant d’être publiée sur un forum Internet par un étudiant.

Pour les ivoiriens qui me liront, jusque-là rien d’extraordinaire ; j’en entends même certains penser à voix haute : mais pourquoi il met ça sur Internet même ? Ca là on vend ça… Propre ! En effet, en Côte d’Ivoire, les épreuves des examens et concours sont proprement vendus et ça ne choque personne. En Côte d’Ivoire, une promo entière d’une école prestigieusement corrompue peut obtenir un diplôme en échange de quelques millions passés sous le coude, de recommandations de quelques personnes ‘bien placées’ ou de quelques avantages en nature consentis sur des canapés (ou des bureaux de la Poste, des lits, des chaises etc…). En Côte d’Ivoire, les fuites aux examens font en quelque sorte partie du jeu : une matière à part entière dont la réussite est conditionnée par bons filons et liasses de billets.

Mais dans la Gaulle de Sarkozy, on est encore dans une logique normale. Une fuite au baccalauréat ? Les coupables seront pourchassés et combattus. Tolérance 0. Inspecteurs, enquêteurs, RG (renseignements généraux)…. Ils se sont tous rués vers la fuite du siècle et sur les traces numériques des fraudeurs. Ces derniers sont susceptibles d'être condamnés à trois ans de prison et à verser 9 000 euros (environ 6 millions FCFA) d'amende.

21.06. Epreuve centrale (mathématiques) du Bac S.
22.06. On apprend que l’épreuve avait été publiée sur le forum potache d’un  site Internet de jeux-vidéos.
23.06. L’enquête est ouverte.
24.06. Interpellation de 3 jeunes hommes.
25.06. Deux de ces hommes sont mis en examen  et laissés libres, le 3ème est placé sous contrôle judiciaire, Chefs d’inculpation : fraudes aux examens, recel de violation de secret professionnel et recel d'abus de confiance.
27.06. Un nouvel homme, employé d’une imprimerie qui a édité les épreuves du Bac est auditionné. . Il est entendu par les policiers puis mis en garde à vue. Son épouse est atterré surtout qu’il fait ce travail depuis plus de 10 ans sans avoir rien exfiltré, même lorsque leur fils passait le Bac.
27.06. Quelques heures plus tard, c’est le fils qui est arrêté ; il aurait transmis une photo de l’épreuve à un des trois hommes interpellés le 24 juin.

L’enquête suivant son cours, les pré-bacheliers de la série S se demandent ce qui va leur tomber sur la tête. Annulation et reprise de l’épreuve ? Annulation de l’exercice publié ? Modification des barèmes ? C’est finalement cette dernière option qui a été retenue, le ministre de tutelle ne souhaitant pas la reprise de l’épreuve « afin de ne pas pénaliser  les 160 166 candidats au baccalauréat scientifique ». On ne replanche pas ; seuls 3 des 4 exercices seront comptabilisés et tant pis pour ceux qui ont réussi l’exercice en cause sans avoir vu le sujet avant. Tant pis pour les idiots des autres séries ! Ben ouais vous aviez qu’à aller en S comme tout le monde ! Normal !

Dans la Gaulle de Sarkozy, les choses fonctionnent normalement : on passe le Bac S, il y a fuite, les coupables sont recherchés et arrêtés, les candidats ne repassent pas l’épreuve. Non, il ne faut pas traumatiser ces jeunes gens. Ainsi, pour le Bac 2011, et selon une circulaire de l’Education Nationale (Française) publiée par le journal Le Monde il suffira d’obtenir 9/20 de moyenne sur toutes les épreuves pour obtenir son Baccalauréat scientifique. De même, il suffira d’obtenir 7/20 (contre 8) pour accéder aux rattrapages. Même chose avec les mentions : 11/20 pour la mention ‘assez bien’, 13/20 pour la mention ‘bien’ et 15/20 pour la mention ‘très bien’. Putain pourquoi j’ai pas passé mon Bac en 2011 ma mention ‘bien’ de l’époque a une valeur actualisée de mention ’extraordinairement bien’.

Année 2011 de merde !

samedi 25 juin 2011

De l'art de se faire larguer (2)

Rupture J+1. Le  lendemain de la rupture. Habitée d’une humeur de chien, habillée comme n’importe quoi, a peine peignée ; ne me parlez même pas de maquillage. Direction boulot, je rentre dans mon bureau, referme la porte et n’y bouge plus avant la fin de la journée. Comme si mes RDV avaient pressenti mon état de nerfs, ils ont tous appelé pour reporter. Au moins une bonne nouvelle ! Un collègue et accessoirement ami (plus ou moins sincère) de l’ex m’appelle pour prendre des nouvelles et me proposer un dîner.
-         Tu es libre ce week-end ?
-         Pourquoi ?
-         Je voulais t’inviter quelque part…
-         Pourquoi ?
-         Pour sortir un peu…
-         Dans quel but ?
-         Ben écoute, c’est juste pour sortir un peu, rien de spécial…
-         J’ai un double appel. Je te rappelle [De l’art de gbè* quelqu’un et de se sentir mieux…]
Je me sens bien pendant quelques minutes. Puis je me rends compte que non finalement, je suis toujours triste. La nuit tombée, je me décide à quitter le bureau. Rentrée à l’appartement, télé, chocolat, et vodka. Même pas faim mais envie de lui parler. Merde ce que c’est chiant de se retrouver toute seule dans un appart comme une idiote. La vodka a eu raison de moi. Dodo jusqu’au lendemain matin : au moins quand on dort on ne repense pas aux bons moments ! D’ailleurs même pourquoi a-t-on tendance à ne penser qu’aux bons moments quand on rompt. Parce que les sales moments aussi y’en a eu : pas de cadeau pour la St Valentin, pas de ptits week-ends à Assinie comme je faisais avec mon ex ex, pas de ptits restos non programmés ni de surprises... le pire de tout : les remarques mesquines sur tout et n’importe quoi : « elle est jolie ta robe mais… ça va pas avec ta forme ! ». Il n’est pas vraiment tout à fait parfait l’ex.
Rupture J+2. Il est pas parfait c’est vrai mais il me manque beaucoup. Humeur de chacal, même programme  journalier qu’à R J+1. Le soir en rentrant je passe à Hayat me ravitailler en chocolat, vodka et autres remèdes anti-cafard. Après avoir minutieusement inspecté les rayons les plus attrayants, je porte mon pathos sur chocolats, vodka, et chips bien grasses. Même pas mal ! Sur le chemin du retour, à la sortie du parking, un militaire, ou plutôt un homme en treillis… Enfin bref un FRCI a eu la brillante idée de se garer sur mon passage, me coupant par la même occasion la route. Mon sang n’a fait qu’un tour et avant même que mes mains ne se posent sur le klaxon… L’individu était à ma fenêtre me tendant une carte de visite.
-         C’est pour que tu me téléphones quoi !
-         ….
-         Faut appeler hein !
-         … (non mais il est sérieux là ???)
Vraiment il y a des périodes comme ça dans une vie : on se fait larguer par un mec bien et ensuite draguer par un FRCI. Pas que je ne considère pas un FRCI comme un homme bien mais bon… C’est pas trop mon type quoi ! Enfin bon… après cette aventure, je rentre à la maison encore plus dégoutée de la life. Pourquoi moi ? Je pianote sur mon téléphone et l’envie me prend d’appeler l’ex amour de ma vie. Mais comment on appelle en masqué ? Après plusieurs appels pour obtenir des infos utiles sur la manœuvre, je me décide à tenter l’expérience.
-         Allo
-         …..
-         Allo
-         ….
-         Mais Ebo, je ne t’entends pas... tu es là ?
-         … (je vais de ce pas suicider la personne qui m’a donné le tuyau pour appeler en masqué !)
Raccrochage direct. Rappelage par l’ex homme. Blablatages insupportables pour voir comment ça va et se donner des nouvelles et autres banalités. Franchement, la discussion est nase ; il est pas aussi bien que ça finalement [De l’art de tout faire pour casser l’autre après s’être fait larguer]. Carnage sur le chocolat, les chips et la vodka.
Demain ça ira mieux.