FAMINE DANS LA CORNE DE L’AFRIQUE, MAIS OU SONT LES AFRICAINS ?
Par Adama WADE, pour LES AFRIQUES du 22 juillet 2011
La famine qui frappe actuellement la corne de l’Afrique menace 14 millions de personnes en Ethiopie, en Somalie, à Djibouti et en Ouganda. Des milliers de déplacés à la merci des hyènes et des bandes armées tentent tous les jours de gagner le camp kenyan de Baidoa, lequel avec 350 000 personnes, est le plus grand au monde.
De nombreux pays (France, Grande-Bretagne, Allemagne) ainsi que des organismes internationaux (FAO, HCR, Unicef), des ONG (Action contre la faim, Oxfam) se sont mobilisés. Il est cependant un fait lourd de sens : les pays africains ne sont pas présents et n’ont pas fait de bruit comme lors du tremblement de terre à Haïti. Ni officiellement par la voix d’un de ses nombreux présidents chantres de la solidarité et du panafricanisme, ni par une société civile, féconde quand il s’agit de dénoncer l’impérialisme et le néocolonialisme.
Les postures dithyrambiques affichées lors du dernier sommet de l’UA contre l’ingérence des occidentaux ont disparu de la scène. L’Union africaine et son conseil de paix et de sécurité sont restés sourds à l’appel d’une aide d’urgence de 22 millions d’euros (seulement) nécessaire pour sauver 500 000 bébés. Comment s’explique cette absence africaine de la corne de l’Afrique ? Est-ce parce que nos pays sont trop pauvres pour aider ? Parce qu’ils ont d’autres chats à fouetter à l’intérieur de leurs propres territoires? A moins que cela ne soit la survivance d’une mentalité d’assisté qui veut que nos élections, nos crises alimentaires, nos procès (cas Habré), nos parlements, nos sénats, nos processus de réconciliation, nos sommets de l’Union africaine, nos opposants en exil, soient financés par l’aide et la coopération internationale.
En définitive, aux autres de financer nos retrouvailles, mais qu’ils ne se mêlent surtout pas de nos débats souverains.
Cette conception minimaliste de la souveraineté dilue la notion de responsabilité de nos dirigeants et de nos Etats qui n’ont rien pu faire pour venir à bout des guerres intestines qui ravagent cette partie du monde.
Depuis 1991, la Somalie s’est fragmentée entre plusieurs seigneurs de guerre et des bandits de grands chemins qui, sous le voile d’un islamisme douteux, s’enrichissent sur le dos d’une population devenue butin de guerre. Pourtant, les Shebabs, qui viennent de revenir de leur décision vieille de deux ans d’interdire la présence des organisations humanitaires, ne sont pas aussi lourdement armés qu’un Kadhafi. Pourquoi l’Union africaine et, au-delà, l’Onu, tolèrent ces groupuscules qui menacent la paix et l’économie mondiale ?
En attendant une véritable mobilisation africaine, cette famine fait le bonheur des spéculateurs puisque, selon l’Onu, le prix du sorgho était en hausse de 240% dans le sud-ouest de la Somalie alors que le cours du maïs jaune a augmenté de 117% dans le nord-est de l’Ethiopie.
Merci à M. Wade pour cet article. Simplement écrit et simplement vrai ! Pour ceux qui souhaitent aider mais ne savent pas comment procéder :
www.actioncontrelafaim.org
www.20minutes.fr/article/761322/somalie-comment-quoi-donner
God bless AFRICA !
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