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mercredi 17 août 2011

WTF

Je ne me comprends plus. Je pensais avoir tiré un trait sur l’ex et sur tout ce qui nous reliait. Mais ce n’est pas aussi simple que ça. Monsieur est collé comme chewing-gum Tarzan. Il hante mes pensées. Nos souvenirs communs m’envahissent : une expression, une chanson, un plat… Tout est prétexte à penser à cet être étrange. Mais que m’a-t-il donc jeté comme sort ?
Bien avant l’ex, j’étais restée huit longues années avec mon précédent amour et dès qu’il avait commencé à bifurquer et à me sortir des histoires et des excuses à la con, mon cerveau avait imprimé que c’était fini. Point trait. 8 années dissoutes en l’espace de quelques jours. Même pas mal. Petite virée en ville avec mes copines françaises de l’époque, quelques verres et un homme d’appoint (pareil que pour les meubles mais en homme). Bref. C’est très différent cette fois. Bien fait pour moi pourrais-je penser et comme on dit : ‘what goes around comes back around’… in your face !  Et oui, tout le monde ne s’oublie pas aussi facilement ; toutes les histoires d’amour ne se terminent pas toujours tranquillement…
Mr Ex me manque vraiment. Sa présence, ses absences, ses conseils, ses réflexions existentialistes, ses bras, sa force et le regard qu’il me lançait à chaque fois qu’il voulait me reprocher un truc. Tout de lui me manque. Les bons et surtout les mauvais côtés. Et oui parce que maintenant, je n’ai personne contre qui râler, contre qui bouder et faire ma gamine pourrie gâtée. Lui supportait tous mes excès, mon caractère, ma ‘chiantise’ comme il disait souvent. Ce mot me manque.
Mon cerveau s’est divisé en deux et l’une des moitiés s’est alliée à mon cœur. Pendant combien de temps vais-je lutter ?
La partie carrée et rationnelle me dit qu’il est ‘non reliable’ et que je ne pourrai jamais avoir pleinement confiance en lui. En plus, rancunière comme je me connais, je ne manquerai jamais de lui rappeler son incartade, son abandon, sa lâcheté…
-          Ebo, ta quiche est bonne mais un peu salée…
-          Ben t’as qu’à retourner vivre chez ta greluche… elle cuisinait bien je pense vu comment elle est moche !
-         
Très peu pour moi. Je me suis toujours évertuée de ne jamais tomber dans de tels schémas qui mènent droit à l’aigreur et au malheur. Il faut que tout ce qui vient de nous arriver soit mâché, avalé, et digéré.  Sans confiance totale, je ne peux rien réaliser. Je carbure à la confiance. Sans confiance je ne fais rien, je n’avance pas à deux mais toute seule. Autant rester seule, en attendant que mon âme sœur se pointe avec son gros nez. Mais depuis quand une rationnelle attend le prince charmant, l’âme sœur et le conte de fées ?
Putain de moitié romantique. Elle me dit que Mr Ex est l’homme de ma vie, que sinon, j’aurai déjà embrayé sur un autre jeune homme, intelligent, beau et disponible. Elle me dit qu’il est mon alter égo et qu’en cas de coup dur, c’est toujours à lui que je pense en premier. Elle me dit que je l’aime et que ça ne changera pas.
Les deux moitiés s’affrontent durant mes journées et s’infiltrent un peu en soirée. Entourée d’amis, j’ai des moments où je me déconnecte pour penser à l’ex. Officiellement je suis au-dessus de tout ça et je vaux mieux que l’ex. De toute façon il ne m’aurait pas rendu heureuse mais officieusement, dans mon cœur et dans ma tête c’est Bagdad ou Sarajevo. Appelez l’ONU je vous en supplie. Mission de paix dans mon corps pour concilier cerveau, âme et cœur. Le soir, au moment du coucher, je retrouve ma copine Vodka dans un mini verre et c’est parti pour quelques heures ailleurs, loin de la violence causée par l’amour… Vodka is good !

jeudi 11 août 2011

De l'art de....

Lundi 8 août. Jour férié, chômé et payé en Côte d’Ivoire pour cause de lendemain de fête nationale (lorsqu’elle tombe un dimanche, ce qui est bien le cas en ce dimanche 7 août, jour de notre in/dépendance...). Profitons... Pour une fois qu'on est payés pour rester à la maison, profitons....

Je suis donc tranquillement installée dans mon lit, sous une grosse couette (il fait froid à Babi dèh…) tentant de m’extirper de ma déprime de fin de semaine afin d’entamer une nouvelle semaine plus gaie, plus active et productive… plus Ebony en gros.
19h24. Le Blackberry que m’a attribué ma boîte en  tant qu’ « avantage en nature » sonne. L’avantage s’appelle Monsieur mon DG et souhaite que je le rejoigne ce soir pour un business diner avec nos patrons du siège européen.
- Allo Ebony, comment allez-vous ?
- Bien merci.
- Ecoutez j’ai besoin que vous vous libériez ce soir. Nous avons un dîner avec XYZ.
- Mais... Pour quoi faire ?… Je ne travaille pas sur ce dossier…
- Je sais. Mais X et Y vous apprécient beaucoup et ont demandé si vous seriez présente ce soir et  je leur
  ai répondu oui. Donc vous serez là ce soir Miss [Miss ????? Mais ça veut dire quoi ça ?]
- Euh….
- Nous avons rendez-vous à 20h au Pullman et ensuite nous irons diner.
- ... Ok.
Je me suis entendue répondre ok. Pourtant, je n’ai absolument rien à faire à ce diner. Mes seuls échanges avec X et Y se sont résumés aux nids de poules et aux inondations dans la ville. Je ne travaille pas avec eux, je ne travaille pas sur une problématique en rapport avec eux, ce ne sont pas mes potes, donc pourquoi m'associer à ce dîner ? Mais...  Nouvelle promotion implique nouvelle période d’essai. Cadre supérieure, 6 mois cash et sans droit à l’erreur. Ebo, si tu ne fais pas gaffe, tu vas te faire ‘remercier’ à la BAP (comprenez Brou Aka Pascal*). Gbè est mieux que Drap* comme diraient mes compatriotes ivoiriens. Supporter est mieux que se faire virer. Me voici donc un jour férié, chômé et payé, à 19h40 en train de me préparer pour un business diner. Pas de dossier ni d’argumentaire en tête, juste une jolie robe, des belles chaussures et un maquillage de circonstance. Parfois je comprends mon papa lorsqu’il regrette d’avoir autant investi dans les études de ses filles. 
Apéritif très sage et contenu au Pulmann puis dîner dans un restaurant aussi huppé qu’excessivement cher. Merci à Monsieur le créateur des notes de frais ! Au fil des discussions et de la soirée, je comprends que ma présence ne sert  qu’à « embellir ». Des hommes de pouvoir se doivent d’être accompagnés de jolies petites potiches. Ebony Master puis MBA en poticherie. Ya pas mon 2 ! Le vin aidant, l'ambiance se détend et les langues se délient. De propos légèrement machistes en anecdotes de machines à café, nous arrivons péniblement vers la fin du repas et je pense, soulagée que mon calvaire s'achèvera bientôt. Que nenni ! Garder le meilleur pour la fin.... C'est souvent plus pertinent.
En fin de dîner donc, un des patrons européens (qui finalement ne sont pas si patrons que ça, entre des chargés de projets et des chargés de mission, je ne vois pas trop... enfin bon, ils sont blancs et viennent du siège donc ils sont patrons !) m’interpelle :
- Et comment ça se passe pour les refacturations et les remboursements ?
- Faut voir avec la compta, ils ont un manuel de procédures qu’ils pourront vous communiquer.
- Ok. Mais là, faudrait que je parte à Bruxelles pour quelques jours mais mon assistant est en congés.
   Pourriez-vous vous en occuper ?
- Faudrait voir avec l’assistante du DG…
- Mais c’est pas vous ?
- Non.
- Ah désolé. Ah mais je ne comprends pas... Mais c’est quoi votre poste ?
- Directrice financière.
- 
- Oui je sais, ça surprend toujours les gens. Mais ça m’étonne quand même de vous. Vous qui venez
   d'Europe, vous connaissez quelques femmes qui sont à la fois jeunes, belles et compétentes non ?
- Euh… Oui, mais...
- Bon j’ai honoré ma part du contrat. Le diner. Je vais vous abandonner pour reprendre mon rôle
   d’assistante dans mon chez-moi.
- [L’homme blanc est dépassé, perdu, gris…]
- Bonne soirée Monsieur. Au plaisir.
Je suis finalement contente de ma soirée. J’aime bien, de temps à autre déstabiliser l’autre, lui montrer que je ne suis pas plus stupide que lui.
Le lendemain matin, mon DG m’a convoqué, il m’a remercié de m’être montrée disponible la veille et m’a indiqué que l’ensemble des "patrons" avaient eu une très bonne impression. Vers la fin de la période d’essai ?
Comme quoi, parfois, il faut savoir se prostituer…

De l'art de... Donc !

mardi 2 août 2011

De l'art de se faire larguer (3)

Mon ex-chéri prend un réel plaisir à m’appeler régulièrement, à minima une fois par semaine pour prendre des nouvelles, être sûr que tout va bien, me proposer des invitations que je décline automatiquement. Mais que me veut-il ? En discutant avec une amie, elle m’explique qu’il veut recoller les morceaux. Ma copine s’appelle Alice, elle a pas quitté le pays des merveilles et me confond par fois avec Cendrillon. ‘Ton prince arrivera bientôt’. Bullshit. En gros selon elle, lorsqu’un homme part et refait sa vie, il ne prend pas la peine de nettoyer le ‘bordel’ qu’il a laissé derrière. Surtout quand le bordel est propre. Soit. Ma  théorie à moi est bien moins nunuche, un homme est un homme ; il protège ses arrières. Etre sûr que son ex attend patiemment son retour, être assuré qu’ « en cas de cas », il pourra toujours ramener son crâne. Les appels fréquents ne servent qu’à surveiller et veiller sur sa "chose", lui même "sa propriété". Il ne veut pas recoller les morceaux ; en tout cas pas à court terme. Pourquoi ?
Parce que je sais (par des sources abidjanaises très très sures   ;D) que l’ex s’est installé dans un joli petit appartement habité par une jeune femme. Sa meilleure amie ? Sa cousine ? Sa sœur (cachée) ? Il a juste déménagé ses affaires de notre appart’ à un nouvel appart’. Les insomnies et la vodka ne m’avaient pas encore permis de trouver la réponse sur l’identité de la colocataire. Jusqu’à ce matin…
Hier soir, dîner en ville avec un jeune homme qui me manifeste beaucoup d’intérêt et qui ne me laisse pas non plus indifférente. On s’installe à notre table. On commande les apéritifs. Il me demande si  je connais l’homme qui est assis derrière. Je me retourne et aperçois l’ex. Que faire dans ce style de situation ? Je souris et lui fais un signe de la main. Fin de l’histoire. Mais l’ex a décidé de faire sa propre histoire. Il délaisse la demoiselle à sa table et se dirige vers nous Bises et re-bises, banalités, je ne le présente pas. ‘Passe une bonne soirée. A bientôt’.
Il paraît qu’il n’a pas levé son regard de mon dos de toute la soirée. J’ai été flattée. Normal les sentiments sont toujours là, même si je sais au fond de moi que la page est définitivement tournée. Malgré ce petit pincement au cœur qui nous habite lorsque l’on est face à la chose précieuse mais perdue, j’ai essayé de profiter de ma soirée et de ma compagnie. Benji est adorable, intéressant et drôle. Nous avons bien rigolé sous le regard (envieux) de l'ex. Nous avons été poussé vers la porte de sortie par les propriétaires du resto. Boulot le lendemain, obligés de rentrer. Il me raccompagne chez moi vers 00h. Fin de la discussion et promesses de se revoir très bientôt quand mon téléphone sonne. Il demande amusé s'il s'agit du mec du resto. Oui c'est lui mais nous en parlerons un autre fois si tu veux bien. L’ex a appellé. Je n'ai pas décroché. Laissons-le se faire des longs métrages, m’imaginer dans les bras de l’autre, me penser heureuse et épanouie sans lui dans mes draps. Il a choisi de me quitter. Il n’y eu ni explications, ni cris, ni pleurs. Tout a été fait prisonnier dans mon cœur. Il y a toujours un revers à la médaille.
Réveil à 6h, je consulte machinalement mes messages : messages vocaux, notifications facebook, sms, mails… Superbe mail de 3 pages de l’ex : il s‘excuse, il a fait une erreur, il va rompre d’avec la nouvelle et revenir ‘à la maison’, il a compris son erreur et est prêt à tout pour qu'on soit à nouveau ensemble. Je ne savais pas qu’il pouvait écrire de si longs messages avec de tels mots : amour, regrets, éternité, mariage, raison de vivre… Tout ça pour moi ? Il y a toujours un revers à la médaille. J’aurai reçu ce message un mois avant j’aurai fait de belles économies en vodka, en larmes étouffées et en heures de sommeil.
Damn boomerang.
Dear boyz mates, i lov u so pleaz stop act stupid !

dimanche 31 juillet 2011

On Vous Emmerde

Ces derniers jours je constate que Facebook et les réseaux sociaux sont truffés de blagues et de soi-disant proverbes profondément misogynes.

Dans le style :
« Une femme à un savant chinois: Pourquoi un homme qui a des relations sexuelles avec de nombreuses femmes est considéré comme un séducteur, alors qu'une femme qui en a avec de nombreux hommes est vue comme une fille de joie? Le maître répond: Ma fille, une clé qui ouvre de nombreuses serrures est considérée comme une clé magique. Mais une serrure qui s'ouvre avec n'importe quelle clé ne sert à rien! »
Ou
« Les 4 miracles de la femme :
1- Elle mouille sans toucher l'eau !
2- Elle saigne sans se blesser !
3- Elle donne du lait sans manger de l'herbe !
4- Et surtout elle casse les couilles sans les toucher ! »

Généralement postées par des hommes (frustrés et mal b*****), ces  blagues m'horripilent et je m’en offusque à chaque fois que je tombe dessus. Aujourd’hui ca a été le coup de trop. Après avoir dit merde au posteur Facebook et avoir (certainement) été prise pour la folle hystérique du coin, j’envoie un message à tous les mecs qui ont été inspirés dans le mauvais sens ces derniers temps :

>>> CHERS MALES, ON vous aime et on VOUS EMMERDE !

Et juste pour me faire justice :
« Qu'est-ce qui fait que les hommes sont toujours à courir après les femmes, sans aucune intention de les épouser pour autant ? La même raison qui fait que les chiens poursuivent les voitures sans pour autant avoir l'intention de conduire. »

Et pour toi, mon très cher Aurélien (tu sais que je t'aime même si t'es la conasserie incarnée) :
« Pourquoi le nombril des blondes est souvent irrité ? – Parce qu’il y aussi des blonds ! »

samedi 25 juin 2011

De l'art de se faire larguer (2)

Rupture J+1. Le  lendemain de la rupture. Habitée d’une humeur de chien, habillée comme n’importe quoi, a peine peignée ; ne me parlez même pas de maquillage. Direction boulot, je rentre dans mon bureau, referme la porte et n’y bouge plus avant la fin de la journée. Comme si mes RDV avaient pressenti mon état de nerfs, ils ont tous appelé pour reporter. Au moins une bonne nouvelle ! Un collègue et accessoirement ami (plus ou moins sincère) de l’ex m’appelle pour prendre des nouvelles et me proposer un dîner.
-         Tu es libre ce week-end ?
-         Pourquoi ?
-         Je voulais t’inviter quelque part…
-         Pourquoi ?
-         Pour sortir un peu…
-         Dans quel but ?
-         Ben écoute, c’est juste pour sortir un peu, rien de spécial…
-         J’ai un double appel. Je te rappelle [De l’art de gbè* quelqu’un et de se sentir mieux…]
Je me sens bien pendant quelques minutes. Puis je me rends compte que non finalement, je suis toujours triste. La nuit tombée, je me décide à quitter le bureau. Rentrée à l’appartement, télé, chocolat, et vodka. Même pas faim mais envie de lui parler. Merde ce que c’est chiant de se retrouver toute seule dans un appart comme une idiote. La vodka a eu raison de moi. Dodo jusqu’au lendemain matin : au moins quand on dort on ne repense pas aux bons moments ! D’ailleurs même pourquoi a-t-on tendance à ne penser qu’aux bons moments quand on rompt. Parce que les sales moments aussi y’en a eu : pas de cadeau pour la St Valentin, pas de ptits week-ends à Assinie comme je faisais avec mon ex ex, pas de ptits restos non programmés ni de surprises... le pire de tout : les remarques mesquines sur tout et n’importe quoi : « elle est jolie ta robe mais… ça va pas avec ta forme ! ». Il n’est pas vraiment tout à fait parfait l’ex.
Rupture J+2. Il est pas parfait c’est vrai mais il me manque beaucoup. Humeur de chacal, même programme  journalier qu’à R J+1. Le soir en rentrant je passe à Hayat me ravitailler en chocolat, vodka et autres remèdes anti-cafard. Après avoir minutieusement inspecté les rayons les plus attrayants, je porte mon pathos sur chocolats, vodka, et chips bien grasses. Même pas mal ! Sur le chemin du retour, à la sortie du parking, un militaire, ou plutôt un homme en treillis… Enfin bref un FRCI a eu la brillante idée de se garer sur mon passage, me coupant par la même occasion la route. Mon sang n’a fait qu’un tour et avant même que mes mains ne se posent sur le klaxon… L’individu était à ma fenêtre me tendant une carte de visite.
-         C’est pour que tu me téléphones quoi !
-         ….
-         Faut appeler hein !
-         … (non mais il est sérieux là ???)
Vraiment il y a des périodes comme ça dans une vie : on se fait larguer par un mec bien et ensuite draguer par un FRCI. Pas que je ne considère pas un FRCI comme un homme bien mais bon… C’est pas trop mon type quoi ! Enfin bon… après cette aventure, je rentre à la maison encore plus dégoutée de la life. Pourquoi moi ? Je pianote sur mon téléphone et l’envie me prend d’appeler l’ex amour de ma vie. Mais comment on appelle en masqué ? Après plusieurs appels pour obtenir des infos utiles sur la manœuvre, je me décide à tenter l’expérience.
-         Allo
-         …..
-         Allo
-         ….
-         Mais Ebo, je ne t’entends pas... tu es là ?
-         … (je vais de ce pas suicider la personne qui m’a donné le tuyau pour appeler en masqué !)
Raccrochage direct. Rappelage par l’ex homme. Blablatages insupportables pour voir comment ça va et se donner des nouvelles et autres banalités. Franchement, la discussion est nase ; il est pas aussi bien que ça finalement [De l’art de tout faire pour casser l’autre après s’être fait larguer]. Carnage sur le chocolat, les chips et la vodka.
Demain ça ira mieux.

jeudi 23 juin 2011

De l'art de se faire larguer (1)

 Il est vrai que ces derniers jours, je l’avais trouvé distant et lunatique. La fin de la guerre, le stress de la reprise, l’anxiété parce qu’il faut réaliser en 6 mois le chiffre d’affaires d’une année complète, le manque de vacances, le manque de loisirs… je lui avais trouvé tout pleins d’excuses sans qu’il ait à aucun moment sorti. Je le comprenais en quelque sorte et je compatissais. Il faut dire que de mon côté ce n’était pas non plus l’oisiveté, catapultée chef à la place de mon chef, j’avais du boulot jusque sur les épaules. La guerre avait fait d’énormes dégâts dans nos vies mais elle m’avait au moins apporté cette opportunité : mon ex-tyran de chef avait volé se réfugier dans sa Belgique natale et se disait traumatisé par la guerre et dans l’incapacité de revenir assumer ses fonctions. Soit. Après la semaine des regards inquisiteurs, des remarques machistes de collègues frustrés de ne pas avoir été choisis (ben oui, fallait tenter la promotion canapé ! espice di c*******), des dossiers à reprendre, des nouveaux produits à lancer, j’étais rentrée en fin de semaine épuisée avec l’unique et pressante envie de dormir et de chiller à l’infini.
Je me demande ce qui l’avait poussé à prendre cette décision : ce week-end là où je m’étais à peine levée du lit (et accessoirement lavée et brossée les dents), la période ‘bombardante’ de la guerre où mes tenues improvisées et mes cheveux non coiffés me donnaient tantôt des petits airs de Rambo tantôt de petites vendeuses d’oranges, et pendant laquelle mon sale caractère et ma mauvaise humeur l’avaient mis à rude épreuve (mais putain c’était la guerre quoi !). Bref, la phrase que l’on ne veut pas entendre lorsqu’on est en couple et surtout lorsqu’on est heureux dans ce couple tomba :
-         Ebony, faut qu’on parle !
-         … De quoi ?
-         De nous…
-          ??? [Eberluée, la bouche qui commence à s’ouvrir et qu’on n’arrive pas à refermer, la tentative de rester sereine et de reprendre ses esprits qui échoue, le ciel qui veut nous tomber sur la tête mais qu’on essaie de retenir, bref, la grosse merde]
-         Euh… Je pense qu’on devrait faire une pause…
-         Pause de quoi ? [C’est dans ce genre de cas que mon côté ivoirien ressort bien. Pas d’articles, un accent villageois bien prononcé… Chassez le naturel…]
-         Pause de nous [Le gars sourit, non mais j’y crois pas. Le sourire au largage ! On aura tout vu dans ce pays !]
-         Mais pourquoi ?
-         Ecoute depuis quelques temps, je pense à ça. Je n’ai pas envie de te retenir et de perdre ton temps. Tu dois te marier je ne suis pas prêt. Tu veux des enfants je ne suis pas prêt.
-         (Donc tu savais tout ça et puis tu es resté pendant un an là ?)….. Ok comme tu as déjà décidé, je peux rien dire. [La dignité doit toujours être préservée, whateverhappens, je n’ai même pas chercher à discuter, à le faire changer d’avis… A quoi bon ?]
-         Je suis rassuré que tu le prennes aussi bien. [De l’art de se faire larguer tout en rassurant le largueur].
Quelques heures et quelques larmes plus tard, je raconte ma mésaventure à une copine :
-         Mais il est bien hein… Au moins il a eu le courage de te dire en face parce que nos gars d’ici là c’est même pas leur problème. C’est quand tu le vois plus ou bien si tu le vois avec une autre daï* que tu sais que c’est fini sinon… Ils disent pas dèh. Ils font rien avec ça !
-         Donc tu veux dire quoi ? Je suis chanceuse quoi ?
-         Mais oui kèh… et puis le gar là il est bien. Vraiment c’est un homme bien.
-         Affaire de bien. Tu sais ma belle, tu ne m’aides pas du tout là !
-         Franchement, je pensais que tu allais me consoler un peu mais là là vraiment, tu n’as rien dit même !
-         Comment ça je n’ai rien dit ? Moi je cherche à t’aider puis tu me parles mal ? D’ailleurs même c’est bon même tu penses que tu es la seule à avoir des problèmes… De toute façon même faut que je te laisse !
-         Euh…. [De l’art de se faire gbè* par une copine après s’être fait larguée].
Quelques heures plus tard, je roule jusque chez ma mère, histoire d’avoir cette fois droit à une véritable consolation :
-         Mais tu sais Manman que S. vient de me demander de faire une pause ?
-         Pause de quoi ?
-         [######## pffffffffffffff ########] je la fixe méchamment…
-         Ah mais c’est pas grave y’a plein d’hommes à Abidjan. Tu vas avoir quelqu’un d’autre. Et puis moi-même il me plaisait pas !
-         Mais Maman, est ce que c’est ton mari. C’est pour moi non ? Moi c’est lui que je veux, c’est pas quelqu’un d’autre !
-         Donc… Va le prendre !  … [De l’art d’être dégoutée de la vie après s’être fait larguer].
C’est dans ces cas-là que je me sens totalement extraterrestre et incomprise. Le chocolat et les glaces deviennent alors mes seuls alliés et palliatifs. Je devrais dire Youpi parce que mon ex (chéri) a pris la peine de me prévenir avant de me quitter. Je devrais supporter les remarques idiotes (désolée ma chérie) d’une amie mal lunée. Je ne devrais ni montrer mes sentiments ni dire sincèrement ce que je ressens à ma maman, parce que madame est trop pragmatique (terre à terre).
Vie de merde…
E.T. stp viens me chercher...

*
une daï : copine, petite amie.
gbè : virer, couper la parole, se faire fermer le clapet.

lundi 13 juin 2011

Vie De Merde !

Il y a des jours comme ça, où rien ne va. On se lève de mauvaise humeur, on passe une heure à trouver une tenue décente qui ne nous fait pas ressembler à un hippopotame, on arrive au boulot et on  a droit à une remarque qui nous dégoûte encore plus et nous donne envie de retourner à la maison directement dans le lit (que d’ailleurs nous n’aurions jamais dû quitter !). Il y a des jours comme ça où même un bonjour nous agace, où notre coiffure nous horrifie, où le chauffeur de taxi en prend plein les oreilles parce qu’il nous a soûlé… Parfois ça continue toute la journée : monsieur le patron a décidé d’en rajouter, le petit dernier a choisi ce jour pour attraper une otite, le resto a décidé d’être en rupture de notre plat préféré… Bref rien ne va !
Quand ça arrive, que vous ne supportez plus rien, que vous êtes à deux doigts de commettre un meurtre, avant d’étrangler un pauvre innocent, allez faire un tour sur http://www.viedemerde.com/. Testé par mes soins, ce site est un recueil de coups de malchance des internautes : les VDM, comprendre Vie De Merde. Des gestes maladroits aux rapports gênants en passant par les anecdotes de bureau et les conflits familiaux, tout y passe sans censure aucune. Alors, usez et abusez de cette perle du net parce que, quelque part dans le monde, quelqu’un vit une journée encore plus merdique que la notre.  C’est con, régressif… et ça fait un bien fou !

Extraits :
#1. « Aujourd'hui, voulant changer du quotidien, je vais rejoindre mon mari à son bureau nue sous mon trench. J'arrive, je ferme la porte et les rideaux, puis enlève mon trench. Règle numéro un : toujours vérifier si votre mari n'est pas en conversation vidéo. » VDM
#2. « Aujourd'hui, alors que j'accompagne ma fille de quatre ans dans le métro, celle-ci observe longuement mon ventre avec ses quelques bourrelets qui dépassent et crie : "Hé, maman, pourquoi tu as trois ventres ? » VDM
#3. « Aujourd'hui, je suis au cinéma avec la fille la plus parfaite de mon école. Elle est tellement parfaite que lorsqu'elle a lâché un énorme pet, je me suis excusé en étant persuadé qu'il était de moi. » VDM
#4. « Aujourd'hui, en retard à un entretien pour du travail, je sors vite en caleçon dans la rue pour voir le temps qu'il fait... Une seconde. C'est le temps qu'il a fallu à mon chien pour refermer la porte derrière moi. Elle ne s'ouvre que de l'intérieur. Allez expliquer ça au recruteur. » VDM
#5. « Aujourd'hui, ma femme s'est inscrite sur Facebook. Dans l'engouement, elle a décidé de créer son premier évènement. Nous aurons donc l'occasion de fêter les trois ans de castration de notre chien ce soir à 21 heures. » VDM

jeudi 5 mai 2011

Profession : Extraterrestre


En ce moment, j’assume complètement mon statut d’extraterrestre débarquée sur Terre. J’avance à contre courant, bravant de mes petites idées musclées et récalcitrantes l’opinion générale.
Gbagbo a été capturé ? Mais pourquoi donc ? IB a été assassiné ? Mais et alors ? Ben Laden a été tué ? Mais est ce que cela fera disparaître le terrorisme ? Et puis mince, qu’est ce que j’en ai à foutre ?
Finalement, pragmatiquement, concrètement… Ca ne changera rien ou très peu de choses à ma vie. Depuis le 11 septembre 2001, j’ai appris à préparer mes valises avant un voyage, à me vêtir du moins de métal et d’épaisseurs possibles pour ne pas m’éterniser aux contrôles aéroportuaires. Depuis le 11 avril 2011, j’ai appris à ne pas parler de mes orientations politiques en public et à rentrer dans mes appartements bien avant 20 heures…. Depuis le 27 avril 2011, j'ai appris que les habitants d'Abobo avaient repris le cours normal de leurs vies ; c'est bien mais ça ne change rien à ma vie. Désolée si ça peut paraître inhumain mais ce n'est que la vérité. Bref.

Des petits pas pour la femme que je suis qui sont finalement de très très très petits pas pour l’Humanité dans laquelle je suis !
De plus en plus, un fossé se creuse entre le monde ‘réel’ et moi. Je suis lasse des mensonges, de la manipulation, des fausses bonnes nouvelles… Je ne me reconnais plus dans un monde qui affiche un visage de justice et un crâne de terreur et d’impunité. Je suis de ceux qui pensent que tout comme Laurent Gbagbo, Ben Laden devait être maintenu en vie afin de témoigner de ses crimes. Il a tué près de 3000 civils donc on le tue ? Que pensent les familles éplorées aujourd'hui ? Lorsque l'on sait que les aveux d'un meurtrier ou d'un criminel  contribuent à faciliter le travail de deuil, pourquoi les Etats Unis ont ils privé ces familles de cette 'faveur' ? Ben Laden est mort. Ben Laden est au fond de l'océan. On nous a parlé d’immersion et de respect des rites musulmans, mais bien qu’inculte en la matière, je n’y crois absolument pas.  On dit souvent que le silence est un aveu de culpabilité mais, au mensonge, je préfère le silence. Qu’ils arrêtent de nous prendre pour des demeurés et de nous mentir sans vergogne, qu’ils assument pleinement leurs actes, qu'ils nous disent : « Circulez chers idiots, il n’y a rien à voir ! »
Ainsi, je nagerai dans mon monde à moi, je circulerai dans mon train-train quotidien ; travail, famille, quelques amis, de franches rigolades, des bons gueuletons… La vie que je choisirai dans sa version la plus heureuse et la plus simple possible !

Dans le long métrage de Spielberg, E.T. l’extraterrestre souhaitait regagner sa planète et par la même occasion sa maison, qu’il me garde une place, je l’accompagnerai volontiers. Mon monde à moi se trouve là bas… loin du terrestre débile, souvent inutile et ridicule.
EBONY >>>>> Maison

mercredi 4 mai 2011

I have a dream

Je suis profondément admirative de la démocratie suédoise.

Il y a quelques années, deux ministres avaient présenté leurs démissions suite à des accusations de fraude fiscale. L’ex-ministre suédoise de la culture Cécilia STEGO CHILO avait reconnu après sa démission : «  En ne payant pas ma redevance audiovisuelle et en rémunérant au noir de l'aide à domicile, j'ai, avant de devenir ministre, commis des infractions qui ne sont pas acceptables". Des infractions qui ne sont pas acceptables ?
Soit,
-      1620 euros d’impôts cumulés sur quelques années au titre de la redevance audiovisuelle
-     Et environ 1500 euros d’évasion fiscale.
Si vous suivez bien, nous avons une ardoise infractionnelle qui s’élève à environ 2 millions de FCFA,  beaucoup moins que les sommes qui étaient demandées aux postulants des concours des grandes écoles ou autres concours nationaux en Côte d’Ivoire en guise de sésame. Avouez que cela force le respect et l’admiration ! J’en rêve….
Dans mon rêve, un homme politique ne doit être mêlé à aucun scandale financier, qu’il en soit l’instigateur ou juste le bouc émissaire. L’Afrique a besoin de modèles solides, j’ai besoin de modèles insubmersibles. Dans mon rêve, le français  J. Chirac se serait retiré de la scène politique avant même la présidentielle, l’ivoirien K. Guikahué aurait démissionné au matin de la parution de l’article sur les 18 milliards FCFA de la CEE, ancêtre de l’Union Européenne, et le sénégalais A. Sall aurait rendu le tablier avant de se confondre en déclarations contradictoires sur l’affaire des 42 millions FCFA...
I have a dream that one day in my country…
Nous aurons un système aussi bien ficelé que le système suédois. Pas besoin de guerre ou de rébellion, la pression socio politique fera céder tous les contrevenants au système.
Dans mon rêve, il faudra être bardé de diplômes pour devenir ministre. Parce que oui c’est vrai il y a des personnes qui se forment sur le tas et qui peuvent s’avérer compétentes sans pour autant avoir eu de grands diplômes, mais quel exemple cela donne t’il à nos enfants ? En 2011 en Côte d’Ivoire, sommes nous honnêtes avec nos enfants en leur disant de bien travailler pour devenir ministre ou président ?
Dans mon rêve, la Côte d’Ivoire sera dans quelques années un pays d’union, de travail, et de discipline. Et en paix avec ma conscience, loin de l’envie de démissionner de mon poste de maman, je dirai :
« Travailles mon fils, l’amour et la vérité l’emportent toujours. Un jour tu seras grand ! »